Mauvaises herbes magnifiques : éloge des adventices géantes
Par Gabriel Goldberg16 juin 20268 min de lecture
Roses trémières, chardons, aconits, lamiers, friches : éloge des plantes spontanées qui poussent sans permission et deviennent splendides chaque été.
Elles n'ont pas été plantées. Personne ne les arrose. On les arrache, on les piétine, on les tond. Et chaque été, elles reviennent — plus hautes, plus insolentes, plus belles que la plupart des plantes qu'on cultive avec sérieux. Cet article est une déclaration d'amour aux adventices , ces "mauvaises herbes" qui, vers la mi-juin, atteignent leur apogée et nous rappellent qu'une bonne partie de la beauté du monde pousse sans permission. Une rose trémière de trois mètres, surgie d'un interstice de trottoir à Bruxelles, juin 2026. Le mot "mauvaise" est la première erreur En botanique, on dit adventice — du latin advenire , "arriver". Une plante qui arrive sans qu'on l'ait invitée. Le vocabulaire agricole y ajoute "indésirable", parce qu'elle concurrence le blé ou la betterave. Mais sortez du champ et la définition s'effondre : sur un trottoir, dans une friche, au pied d'un réverbère, l'adventice n'enlève rien à personne. Elle occupe . Elle colonise . Elle répare , souvent, ce que nos sols dégradés ne savent plus produire seuls. Le tournant est récent. Les municipalités progressistes ont arrêté le glyphosate, l' Université de Gembloux publie des inventaires de flore spontanée urbaine, et Bruxelles Environnement recense les pieds d'arbres comme micro-habitats. On commence à comprendre que ces plantes ne sont pas contre la ville — elles sont sa flore naturelle, à condition qu'on la regarde. Mi-juin : le pic des géantes La rose trémière en photo d'ouverture n'a pas été plantée. Elle…