Par Gabriel Goldberg26 janvier 20269 min de lecture
Pendant des décennies, posséder une voiture a été un marqueur social. Aujourd'hui, l'usage et la liberté de mouvement remplacent la possession.
Pendant des décennies, posséder une voiture a été un marqueur social. Aujourd'hui, l'usage, la sobriété et la liberté de mouvement remplacent la possession. Analyse d'un basculement culturel profond. Il y a quelques années, quand je dirigeais une entreprise d'une cinquantaine de personnes, la question des voitures de société revenait régulièrement sur la table. C'était un sujet sensible, presque émotionnel. Les managers attendaient leur voiture de fonction comme un rite de passage. Les seniors négociaient la marque et la gamme avec la même intensité qu'ils auraient mise dans une augmentation de salaire. La voiture n'était pas un outil de déplacement. C'était un symbole. Une validation. Une reconnaissance visible de leur place dans l'organisation. Je me souviens d'un directeur commercial qui avait refusé une promotion parce qu'elle ne s'accompagnait pas d'un véhicule de catégorie supérieure. Pour lui, accepter le poste sans la voiture correspondante aurait été une régression sociale. Il préférait rester où il était, avec son Audi A4, plutôt que de monter en responsabilité avec une Volkswagen Passat. La logique m'avait d'abord semblé absurde. Puis j'ai compris : ce n'était pas une question de transport. C'était une question d'identité. Cette époque n'est pas si lointaine. Et pourtant, elle me semble aujourd'hui appartenir à un autre monde. Quand la voiture était un totem social Pendant près d'un siècle, la voiture a incarné un idéal de liberté, de puissance et d'accomplissement…