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Street art mondial : ce que les murs m'ont appris Voyage

Street art mondial : ce que les murs m'ont appris

Par Gabriel Goldberg 2 avril 2026 5 min de lecture

De la ferveur de Naples au chaos de Tokyo, en passant par São Paulo et Bruxelles, Gabriel Goldberg livre son carnet de route sur le street art.

Pendant plus de trente ans de déplacements professionnels aux quatre coins du globe, j'ai développé une habitude tenace, presque un rituel. Dès que je quitte l'effervescence d'un aéroport ou le confort feutré de mon hôtel , je lève les yeux. Nous avons collectivement pris la mauvaise habitude de traverser nos métropoles avec des œillères. Nous marchons le nez rivé sur nos écrans, percevant l'espace public comme une simple zone de transit qu'il faut expédier au plus vite. Pourtant, la véritable identité d'une ville ne se lit jamais dans les brochures sur papier glacé ni dans l'alignement de ses boutiques de luxe. Elle s'écrit à la bombe aérosol, au pochoir et à la mosaïque, directement sur ses murs. Le street art est le pouls vibrant d'une cité. C'est un habillage urbain spontané, parfois illégal, souvent éphémère, qui raconte avec une franchise brutale les espoirs, les idoles et les rébellions de ceux qui y vivent. Bruxelles : L'illusion du hasard face à l'exigence de l'exécution Cette réflexion s'est cristallisée récemment lors d'une simple marche dans ma ville d'ancrage, Bruxelles. Mon regard a été happé par une scène d'une ironie mordante. Au rez-de-chaussée d'une façade banale s'alignaient les néons criards de la loterie nationale. Lotto, Euro Millions, Win for Life. Ces panneaux vendent le fantasme ultime de notre époque : la promesse d'une richesse acquise par le pur hasard, sans la moindre goutte de sueur. Mais juste au-dessus de cet autel dédié à la passivité, niché…